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Bureaux + Équipements

Médiathèque de Septèmes-les-Vallons

LA CALANQUE DES VILLES

Faire un refuge pour un lieu de culture ici est un acte fort. À la fois politique et citoyen. C’est en plus une forme d’espoir, d’intelligence et de dignité donné à chaque personne qui vit ici, c’est une façon de dire que la ville ne doit pas se mettre en système d’auto-défense mais qu’elle se partage, se transmet et s’échange.
Il n’est pas si fréquent de voir une commune promouvoir comme première opération d’un vaste projet urbain une médiathèque. Un lieu dédié à tous et à la culture à l’heure où le budget du Ministère du même nom n’a jamais été aussi faible et où le moindre m² de projet dit urbain consiste à faire du bureau qui vide chaque quartier de toute forme d’urbanité.
Ici donc, on veut que la culture se dise et s’affirme, que la culture se voit et se montre, que la culture se repose et s’oppose, que la culture se mette en scène et mette en scène, que la culture se protège et se donne. Le long de la voie des voitures, en contrebas de la voie ferrée ; le site est fort et se prête à se laisser aller à imaginer ce que tout entier il pourrait être… Le mur de scène c’est la falaise, le spectacle c’est les bâtiments industriels qui lui font face. Il n’est pas possible de penser cet équipement comme une pièce unique mais plutôt comme un des éléments constitutifs de tout ce nouveau paysage à la fois urbain et naturel qui devra forcément “redevenir”. La médiathèque s’ouvre en son cœur sur un jardin comme une calanque creusée par le vent. Il n’y a pas d’eau mais des plantes endémiques qui ont trouvé peu à peu leur place et que l’on préservera. Il y a aussi de larges baies sur les côtés pour inviter la lumière et le regard à s’y glisser. L’un et l’autre sont guidés par des voiles de béton qui viennent aussi protéger la nécessaire intimité de certains lieux.
Deux temps sont distingués, deux univers. Un premier où l’on est passif, physiquement, on a besoin de tranquillité, peut-être d’un cadre, un deuxième où l’on devient (ré)actif, notre esprit aussi bien que notre corps partent dans toutes les directions, plus vif, en mouvement, presque sans limites définies.